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Écrit par
Sandra

Bilan touristique de l’année 2025 : une croissance solide, mais contrastée

La France reste la première destination touristique mondiale, mais derrière cette façade flatteuse, l’année 2025 révèle un paysage plus contrasté qu’il n’y paraît. Entre un retour en force des visiteurs étrangers, une clientèle française prudente, des territoires inégalement servis et un secteur en pleine mutation, le tourisme français navigue entre croissance réelle et fragilités structurelles.

Une fréquentation internationale au rendez-vous

Affichant une progression continue, le tourisme mondial a renoué en 2025 avec ses niveaux d’avant-crise : 1,52 milliard de voyageurs internationaux selon UN Tourism. L’Europe demeure la région la plus visitée, tirée notamment par l’Europe de l’Ouest, qui dépasse de 6 % les volumes de 2019.

Dans ce contexte porteur, la France tire son épingle du jeu. Le taux d’occupation hôtelier atteint 66 %, en hausse de 0,7 point sur un an. La progression reste toutefois modeste lorsqu’on observe le RevPAR – Revenu par chambre, en hausse de seulement 1,3 %, un rythme inférieur à l’inflation.

Si les visiteurs sont là, ils dépensent différemment :
– Les clientèles lointaines, notamment du Japon, de Corée du Sud ou du Canada, sont de retour ;
– Les clientèles européennes soutiennent la dynamique, alors que les Français arbitrent davantage.

Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme, résume la situation :
« L’année a été correcte, mais le bilan reste contrasté : le marché est porté par l’international, alors que les Français dépensent moins. »

Des territoires qui avancent à deux vitesses

L’Observatoire de l’industrie du tourisme révèle des écarts territoriaux marqués.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur confirme son statut de locomotive, boostée par une clientèle haut de gamme internationale toujours plus nombreuse. Les régions littorales comme la Bretagne, la Normandie ou la Nouvelle-Aquitaine connaissent également une belle année.

Certaines destinations intérieures tirent parti de la recherche de nature et d’authenticité : l’Ardèche, le Jura, l’Occitanie ou les Hauts-de-France bénéficient pleinement de l’essor du tourisme rural et expérientiel.

À l’inverse, les métropoles dépendantes de la clientèle affaires, comme Lyon, affichent un recul plus net. Un segment qui représente pourtant 35 % du chiffre d’affaires hôtelier national.

L’événementiel, lui, joue un rôle de plus en plus structurant :
– les Fêtes de Bayonne ont multiplié par 5,9 les ventes de billets SNCF,
– le Grand Prix Explorer au Mans les a multipliées par 11.

Un marché intérieur plus fragile

Alors que les voyageurs étrangers tirent la dynamique, les Français adoptent une posture plus prudente :
– séjours plus courts,
– recherche de promotions,
– montée des locations entre particuliers,
– baisse de gamme ou réduction de la durée.

L’hôtellerie économique est la première touchée. À l’inverse, le haut de gamme gagne 5,6 % de RevPAR, confirmant une montée en valeur du tourisme français.

« On est arrivé à un plafond de verre », estime Vanguélis Panayotis, du cabinet MKG. Les ménages arbitrent, mais ils voyagent toujours — différemment.

Les grandes mutations de l’année : durable, digital, expérientiel

L’année 2025 marque un tournant dans les pratiques de voyage.

Le tourisme durable devient un critère déterminant

Train plutôt qu’avion, hébergements éco‑labellisés, circuits courts, séjours plus longs mais moins fréquents : l’écologie n’est plus un discours, elle influence réellement les choix.

SNCF Connect enregistre 232 millions de billets vendus (+3 %), dont 47 % en TER, preuve du rôle croissant du rail dans les mobilités touristiques.

Le tourisme expérientiel s’impose

Les voyageurs recherchent du sens : ateliers culinaires, vendanges participatives, randonnées accompagnées, stages artisanaux, séjours immersifs…
Cette tendance profite aux territoires ruraux et aux villes moyennes, et redistribue la valeur touristique.

Le numérique s’invite partout

Réalité augmentée pour les visites, IA pour les recommandations, billetterie instantanée, offices de tourisme hybrides : la transformation digitale accélère la personnalisation et la fluidité de l’expérience.

Défis persistants : surfréquentation, recrutement, inflation

Derrière les bons chiffres, les lignes de fracture demeurent.

Surfréquentation

Paris, la Côte d’Azur, le Mont-Saint-Michel ou les calanques restent sous forte pression.
Conséquences : tensions locales, usure des sites, gestion des flux complexe.

Manque de main-d’œuvre

Les métiers de l’hôtellerie-restauration et du tourisme saisonnier continuent de souffrir :
– difficultés de recrutement,
– horaires contraignants,
– coûts en hausse.

Les entreprises innovent, mais la fragilité du secteur RH reste une inquiétude majeure.

Arbitrages budgétaires

Dans un contexte inflationniste, les voyageurs dépensent différemment. La valeur moyenne par séjour baisse côté domestique, se maintient ou augmente côté international.

La France face à ses choix stratégiques

Si la croissance française (+1,3 %) reste positive, elle demeure inférieure à la moyenne européenne (+1,7 %).
L’enjeu, désormais, n’est plus de faire venir davantage de touristes, mais de mieux structurer et mieux répartir l’activité.

L’objectif affiché par l’État — 100 milliards d’euros de recettes touristiques en 2030 — impose de miser sur :
– la montée en gamme,
– la diversification saisonnière,
– la gestion responsable des flux,
– l’événementiel,
– et l’amélioration de la capacité d’hébergement.

« Le problème n’est pas le tourisme, mais la façon dont on le gère », résume Michel Durrieu (Région Nouvelle-Aquitaine).

Une année 2025 résiliente et charnière

Entre fréquentation record, mutations profondes et défis persistants, 2025 aura été l’année de la transition pour le tourisme français.
Le secteur se réinvente, se diversifie, s’adapte à de nouvelles attentes.
Et malgré les turbulences, une réalité demeure : la France séduit toujours — et séduit différemment.

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